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France / Les cinq défis de la formation professionnelle

Nouvelle étape de la modernisation du marché du travail initiée en 2008 et aujourd’hui au cœur des débats, l’accès à la formation est un vaste chantier. Francetv info en a recensé les cinq déf

1) Les chômeurs ne profitent pas de la formation

« Avec cette réforme, un chômeur sur deux pourra avoir accès à la formation dans un délai de deux mois », a promis le président de la République, en direct du Centre de formation des apprentis de Blois (Loir-et-Cher). En campagne en 2012, son prédécesseur Nicolas Sarkozy avait carrément promis un droit à la formation pour tous les chômeurs. C’est dire si la question éveille l’ambition.

Mais la réalité est toute autre : aujourd’hui, un chômeur sur quatre doit attendre 15 mois avant de décrocher une formation. Sachant que le nombre de demandeurs d’emploi touchant une indemnité est passé à 3,169 millions en mars, le défi est de taille. Sur les 22,6 millions de stagiaires (+4,7%) formés en 2010, seuls 12% sont des demandeurs d’emploi (PDF).

2) Les salariés peu qualifiés et les PME à la traîne

Quant aux salariés, ils ne bénéficient pas non plus tous des bienfaits de la « formation tout au long de la vie », cet élément clé du volet social de la flexicurité promise par le traité de Lisbonne en 2007 et que la France tente d’aujourd’hui d’adapter. Or, si les taux d’accès à la formation ont augmenté ces dernières années, elle bénéficie davantage aux cadres qu’aux travailleurs peu qualifiés, rapportait en décembre 2011 le Conseil économique social et environnemental. Pour lui, nul doute que cette inégalité accroît la vulnérabilité des salariés peu qualifiés au gré des fermetures, restructurations, transformations d’activités et évolutions technologiques.

La formation fonctionne mieux dans les grandes entreprises que dans les PME, où les besoins sont pourtant plus importants. Antonio Correia, directeur de la Mission locale d’Ile-de-France, confirme que « les enjeux des transferts de compétence sont considérables dans les PME ».

3) L’inadéquation entre l’offre de formation et la demande

« Nous n’avons pas le droit d’offrir une formation qui n’est pas adaptée à un métier », a souligné François Hollande, rappelant la nécessité de se tourner vers les « métiers de demain » liés à la transition énergétique, les réseaux numériques ou les services à la personne. « Du point de vue des spécialités choisies, on constate que les formations dans le domaine de la sécurité arrivent en tête », explique Fabrice Gutnik, président de l’Association française de réflexion et d’échange sur la formation. On est loin de l’e-économie et des nouveaux défis du marché de l’emploi. D’autant plus que les données de la Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques (Dares) montrent que les formations sont de plus en plus courtes. »

Par ailleurs, ce spécialiste déplore la concentration de l’offre de formation, dont 38% est basée en Ile-de-France : « Je rencontre des responsables qui ont du mal à adapter l’offre à la demande de leur région », poursuit Fabrice Gutnik, qui préconise « un décloisonnement entre l’offre publique et l’offre privée », afin de compenser ces inégalités territoriales. Pour lui, les régions devraient piloter des projets de formation issus de partenariats public-privé.

4) Un labyrinthe d’organismes

Dans cette démarche de simplification, « nous devons recentrer le système sur moins d’organismes et exiger plus de qualité », a prévenu François Hollande. L’objectif : s’y retrouver parmi les 55 300 organismes français du secteur. Car la formation continue est un marché ouvert. On y trouve des entreprises, des associations, des établissements et des organismes privés en tous genres. Mais derrière ce chiffre impressionnant se cache une réalité disparate. « C’est l’atomisation de l’offre de formation, explique Fabrice Gutnik. Elle est notamment liée au fait que ce n’est l’activité principale que d’un tiers de ces organismes ». Selon des données de la Dares (PDF) pour 2009, seul 1% des organismes réalisent un chiffre d’affaires dépassant les trois millions d’euros, et forment 31% des stagiaires. De l’autre côté, 82% n’excèdent pas 150 000 euros de chiffres d’affaires. « Aucune donnée macro ne permet actuellement d’évaluer l’offre qualitative » de ces différents organismes, note-t-il.

Antonio Correia, pour sa part, déplore « une industrialisation de la formation ». « Pôle Emploi ne s’appuie plus que sur de gros opérateurs, qui eux ne font plus de sur-mesure. On a vu disparaître ces dernières années de nombreux petits organismes de qualité », argue-t-il. Il dénonce également un système « hypercloisonné », mais surtout confus. Pôle Emploi, région, Etat… « On a empilé les organismes au fil des ans », note-t-il, réclamant pour le prescripteur « une offre unifiée, disponible en un point unique », alors que même « les professionnels s’y perdent ». « Ce n’est pas le tout d’avoir une offre, il faut qu’elle soit visible et lisible », insiste-t-il.

5) La complexité de la gestion des fonds

« En 2009, le budget de la formation professionnelle s’élevait à 31 milliards d’euros. C’est 1,6% du PIB », indique Fabrice Gutnik. Un montant élevé, dont la gestion est jugée opaque par François Hollande lui-même. Ainsi, selon le projet de loi sur la décentralisation qui doit être présenté en mars, la région deviendrait seule pilote de la formation individuelle des chômeurs.

Extraits choisis par le Moniteur de l’emploi

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via Les cinq défis de la formation professionnelle – francetv info

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