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Éditoriaux

Le défi pour le Canada et le Québec : mieux répondre aux besoins changeants du marché du travail

Le chômage demeure un fléau économique et social

Le chômage à l’échelle mondiale, et celui des jeunes  est une tragédie.

Le nombre de chômeurs dans le monde a explosé avec 28 millions de personnes au cours des cinq ans suivant la crise financière mondiale.  En 2012, on comptait 197 millions de personnes sans emploi selon l’OIT.

En 2013, quelque 210,6 M de personnes seront au chômage, selon l’OIT. Et cela n’inclut pas les personnes qui ont cessé de chercher du travail, masquant la véritable ampleur de la crise de l’emploi. »

Les jeunes sont trois fois plus susceptibles d’être au chômage que les adultes et plus de 75 millions de jeunes du monde entier sont à la recherche d’un emploi.

Les chiffres de l’OIT sont éloquents ; plus le chômage global est élevé, pire est la situation des jeunes. Citons quelques exemples parmi les pays industrialisés: Grèce, Espagne, Italie…

Par ailleurs, tout indique que la manière dont est organisée la formation est également déterminante quant à la capacité des jeunes d’intégrer le marché du travail.

De toutes évidences, certains pays réussissent mieux que d’autres à intégrer les jeunes au marché du travail parce que, d’abord, globalement, leur marché du travail est en meilleure santé mais, aussi, parce que la formation offerte aux jeunes et aux chômeurs répond bien aux besoins du marché du travail. C’est le cas de l’Allemagne et des pays scandinaves.

Le Canada jouit d’une situation tout à fait enviable

Heureusement, le déficit de l’emploi creusé par la récession a été plus que résorbé au Canada. La situation générale du marché du travail en regard de ce qui se passe à l’échelle internationale est tout à fait enviable ici.

En mars dernier, au Canada, le niveau de l’emploi atteignait un niveau record de tous les temps et dépassait de 466 800 le niveau maximum atteint avant le dernier repli conjoncturel associé à la crise financière. Chez nos voisins du sud, en septembre dernier, le Brookings Institute chiffrait le déficit de l’emploi (Job Gap) encore à combler à pas moins de 11,1 millions de postes.

Certes, des déficits d’emplois coexistent avec des déficits de compétences et des pénuries de main-d’œuvre, le Canada étant un vase pays qui compte des marchés du travail avec des situations variables d’une profession et d’un métier à l’autre, d’un secteur à l’autre et d’une région à l’autre.

Toutefois, les régions où le taux de chômage demeure encore élevé sont aussi généralement celles où le vieillissement de la main-d’œuvre va susciter les plus grands besoins de compétences, tout particulièrement au Québec.

Les perspectives favorables fournissent une occasion au plan de l’emploi

C’est particulièrement le cas dans les régions ressources du Québec car se sont celles qui afficheront les plus importants besoins de main-d’œuvre au cours des 10 prochaines années selon les chiffre d’Emploi-Québec. Des exemples : le secteur des mines, de la construction et celui de l’énergie.

Ainsi, d’ici 10 ans, c’est un nombre considérable et sans précédent d’emplois qui seront disponibles dans ces régions et il est primordiale de tout faire en sorte pour que les personnes qui habitent ces régions soient à même d’en profiter. Les perspectives positives fournissent une occasion en or de développer l’emploi, et c’est une occasion qu’il ne faut pas rater. Mais il faut aussi s’y préparer.

Les travailleurs des secteurs saisonniers ne peuvent jouir d’une mobilité professionnelle et géographique accrue que dans la mesure où ils possèdent les compétences pour le faire et que les occasions d’emploi leur soient rendues disponibles

Règle générale, les chômeurs qui ont perdu leur emploi dans la foulée de la dernière récession ne pourront réintégrer durablement un emploi dans les mêmes secteurs car la plupart de ces emplois sont disparus à jamais. Pour réintégrer durablement un emploi, ils devront posséder les compétences requises pour les emplois disponibles.

Le défi : mieux répondre aux besoins changeants du marché du travail

En somme, le Canada fait face à un défi pressant: celui de mieux répondre aux besoins des différents marchés du travail que compte le Canada.

Partout, le marché du travail a beaucoup changé depuis la fin des années 90. Et il faudra en tenir compte car les besoins du marché du travail seront drastiquement différents dans l’avenir. Rappelons quelques faits pour le Québec :

En 1997, on comptait près de 410 000 chômeurs au Québec. En 2021, soit dans 8 ans, en en dénombrera plus que 235 000 selon les prévisions d’Emploi-Québec. Le taux de chômage, qui était de 11,4% aura chuter de moitié à 5,3%.

Peut-on croire que les besoins du marché du travail restent les mêmes ? À l’évidence non.

L’adéquation entre l’offre de main-d’œuvre et les besoins : le cas du Québec

La baise du taux de chômage à 5,3% en 2021 selon les prévisions d’emploi-Québec s’observera malgré une croissance modérée de l’emploi. Cela s’explique par un ralentissement de la croissance du nombre des actifs en raison des grandes tendances démographiques, soit le vieillissement de la population et le ralentissement de la croissance de la population en âge de travailler.

Ainsi, le marché du travail sera-t-il marqué par un resserrement et, du même coup, les employeurs éprouveront de plus en plus de difficultés à recruter et conserver leur main-d’œuvre. Compte tenu de la rareté de la main-d’œuvre, l’adéquation entre l’offre et les besoins du marché du travail sera encore plus stratégique qu’aujourd’hui.

Les Chiffres 

En fait, Emploi-Québec prévoit que prévoit que près de 1,4 million d’emplois seront à pourvoir entre 2012 et 2021.

Plus d’un million de ceux-ci, soit 1,1 millions, seront rendus disponibles en raison des prises de retraites, soit 80% du total, et le reste, soit 264 000 en raison de la croissance économique. C’est dire l’importance qu’aura le vieillissement de la main-d’œuvre sur la dynamique du marché du travail puisque 8 recrutements sur 10 seront le fait de la démographie et 2 sur 10 le fait de la croissance.

Mais ces emplois ne seront pas offerts là où est la main-d’œuvre actuellement. Des secteurs seront en besoin, d’autres en régression. De même pour les régions, des métiers et des professions.

Qui intégrera ou réintégrera le marché du travail pour répondre à ces besoins ?

Entre 2011 et 2021 (citation d’un rapport d’Emploi-Québec):

  • ‘les jeunes ayant actuellement entre 5 et 24 ans, et qui auront entre 15 et 34 ans en 2021, occuperont 56 % des 1,4 millions d’emplois à pourvoir;
  • l’immigration au Québec d’ici 2021 fournira 17 % de la main-d’œuvre pour ces postes;
  • la hausse du taux d’activité chez les 15 à 64 ans et chez les 65 ans et plus permettra de
  • combler respectivement 12 % et 7 % des besoins;
  • la baisse du chômage ramènera au travail une main-d’œuvre qui sera à même d’occuper 7 % des emplois à pourvoir.’

Première conclusion : ces chiffres démontrent clairement que les chômeurs ne représentent qu’une partie de la réponse aux besoins du marché du travail. Considérant qu’environ la moitié des chômeurs sont des prestataires de l’Assurance-emploi, on peut dore et déjà constater que le Régime contribuera pour moins de 5% des besoins du marché du travail au Québec. C’est donc largement ailleurs que le Régime qu’il faut regarder si l’on souhaite améliorer l’adéquation entre les besoins et l’offre sur le marché du travail québécois.

 Deuxième conclusion : l’importance des jeunes

Selon ces prévisions, les jeunes accapareront la majorité des postes offerts. Le taux de chômage persistera tout de même à un niveau supérieur à celui de plein emploi et le nombre officiel de chômeurs se stabilisera à tout près de 250 000 personnes. Ces personnes, laissées en plan, constitueront un bassin de recrutement pour les années subséquentes, de sorte que le chômage se situera encore pour plusieurs années au-dessus du plein emploi. Sur un horizon de près d’une quinzaine d’années, compte tenu qu’une autre récession est vraisemblable, il est clair que la rareté de main-d’œuvre ne constituera pas un frein à la croissance économique au Québec.

En outre, la contribution de chaque groupe doit être pondérée en fonction de la durée de la vie active. Prenons l’hypothèse qu’un jeune de moins de 25 ans est appelé à être actif pendant 35 ans alors qu’une personne de 65 ans le sera en moyenne pour environ 18 mois. En pondérant la contribution de chacun des groupes par la durée de vie active, le portrait de la contribution relative à la réponse aux besoins de main-d’œuvre est tout à fait probant : les jeunes représentent le ¾ de la réponse aux besoins, les travailleurs d’expérience, moins de 1%. En d’autres termes, la contribution des jeunes aux besoins de main-d’œuvre sera 190 fois plus importante que celle des 65 ans et plus !

Michel Cournoyer

Éditeur du Moniteur de l’emploi

 

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